Documentation Mistiche
Analyseur de poésie, dashboard poétique et rapport personnalisé
Introduction
SemiRimeS Mistiche est un outil d'analyse de poésies en français. Il prend en entrée un texte libre et produit deux niveaux de résultats : un comptage rapide vers par vers (métrique, rimes, phonologie, lexique) et, pour les textes d'au moins trois vers, un dashboard poétique complet comprenant des graphiques, un rapport personnalisé et des suggestions d'amélioration.
Mistiche s'adresse aux poètes souhaitant vérifier la régularité de leurs vers, aux lecteurs qui analysent une œuvre classique, aux auteurs de slam ou de chanson, ou à toute personne curieuse de la phonologie du français.
Certaines fonctionnalités avancées sont réservées aux abonnés : Entropie, Indice d'aperture, Indice de tension et pistes d'amélioration du rapport poétique.
Modes d'analyse
Après avoir soumis un texte, Mistiche sélectionne automatiquement le mode le plus adapté selon la longueur du poème. Un sélecteur permet de basculer manuellement entre les deux modes à tout moment.
Formulaire
Collez ou saisissez votre texte dans la zone de saisie, configurez les options souhaitées, puis cliquez sur Valider pour lancer l'analyse. Le bouton Réinitialiser efface le texte et remet toutes les options à leur état par défaut. Le bouton Tester avec un exemple charge un poème de démonstration pour explorer les résultats sans avoir à saisir un texte. Chaque paragraphe est considéré comme une strophe ; chaque ligne est considérée comme un vers.
Dashboard poétique
En mode Analyse poétique, un dashboard apparaît au-dessus des tableaux. Il donne une lecture globale du poème à travers plusieurs blocs indépendants. Tous les graphiques sont interactifs : passer la souris sur un axe ou un point affiche une explication en langage naturel.
Quelques phrases qui récapitulent l'essentiel : la forme métrique (alexandrins, vers libres, mètre irrégulier...), la couleur sonore du texte (fluide, consonantique, équilibré) et les grandes lignes du schéma rimique. Le contenu change d'un poème à l'autre selon les valeurs mesurées.
Mistiche cherche à reconnaître la forme du poème. Il identifie les formes fixes (Haïku, Sonnet, Pantoum, Villanelle, Ode) ainsi que les formes structurales basées sur la taille des strophes : distiques, tercets, quatrains, quintils, sixains. Quand la reconnaissance n'est que probable (forme partiellement respectée), elle est signalée comme telle.
Un radar à cinq branches qui donne l'empreinte globale du poème d'un coup d'œil. Les cinq dimensions sont le Rythme (régularité et stabilité des vers), la Sonorité (musicalité, rimes, répétitions phoniques), le Vocabulaire (richesse, registre, champ métaphorique), les Figures (anaphores, comparaisons, intensifieurs) et l'Émotion (intensité du registre affectif). Un poème lyrique classique sera fort en Rythme et en Sonorité. Un texte de slam peut scorer haut en Figures et en Émotion avec un Rythme plus libre.
Un graphe qui trace le nombre de syllabes de chaque vers, dans l'ordre du poème. On voit immédiatement si le rythme est régulier (courbe plate, autour de 12 pour un alexandrin) ou s'il ondule. Les vers qui s'écartent fortement de la moyenne sont mis en orange : ce sont les ruptures rythmiques, volontaires ou non. Cliquer sur un point affiche le texte du vers correspondant.
Ce radar porte sur la structure formelle du poème. La Régularité mesure l'homogénéité syllabique d'un vers à l'autre. La Lubrification traduit la présence des e caducs internes. La Pureté phonotactique reflète l'absence de hiatus non poétiques. La Continuité et la Stabilité mesurent respectivement le lien entre les vers (enjambements, rimes croisées) et la régularité des écarts syllabiques.
Ce radar s'intéresse à la qualité musicale du poème. La Musicalité mesure la proportion de vers porteurs de répétitions phoniques notables. Les Répétitions phoniques regardent les motifs sonores qui reviennent d'un vers à l'autre. L'Assonance évalue la régularité des sons vocaliques à la rime. L'Originalité rimique pénalise les rimes trop banales. La Couverture rimique indique combien de vers trouvent une rime dans le poème. Un panneau complémentaire liste les voyelles les plus présentes, utile pour comprendre la couleur vocalique dominante.
Ce radar décrit le vocabulaire. La Richesse lexicale (TTR) mesure la variété des mots utilisés : un score bas trahit des répétitions lexicales. Le Registre évalue la part de mots soutenus ou littéraires. La Densité de contenu compare les mots porteurs de sens aux mots grammaticaux. L'Équilibre adj/nom révèle si le texte est plutôt descriptif et imagé. Le Métaphorique détecte la présence de champs sémantiques abstraits ou figurés (nature, corps, lumière, temps...).
Ce radar regroupe cinq signaux liés aux figures de style. Les Anaphores détectent les débuts de vers qui se répètent. La Répétition lexicale compte les mots de contenu qui reviennent plusieurs fois. La Ponctuation expressive relève les points d'exclamation et d'interrogation. Les Comparaisons repèrent les structures "comme", "tel que", "pareil à". Les Intensifieurs mesurent la densité d'adverbes et d'adjectifs amplificateurs (très, si, tellement, immense...).
La deixis répond à une question simple : qui parle, et à qui ? Le radar visualise la présence des personnes grammaticales dans les vers : Je / Moi, Tu / Toi, Il / Elle, Nous / On, Vous. Un poème ancré dans le "je" est souvent lyrique ou confessionnel. Beaucoup de "tu" crée une adresse directe, parfois intime. La troisième personne introduit une distance narrative.
Deux visualisations pour saisir le registre affectif. Des barres colorées indiquent quels champs émotionnels sont présents dans le texte et à quelle intensité : Amour, Bonheur, Tristesse, Peur, Colère, Souffrance, Haine. Seules les émotions réellement détectées dans le poème sont affichées. En dessous, une courbe trace l'évolution de l'intensité émotionnelle vers par vers : où le texte monte en tension, où il se calme.
Une liste des vers qui sortent du lot. Les types repérés couvrent : les ruptures rythmiques (vers trop court ou trop long par rapport au reste), les allitérations et assonances fortes, les anaphores, les refrains (vers répétés à l'identique), les pics de densité phonémique, les questions intimes (je ?) et les interpellations (tu ?), ainsi que les enjambements strophiques.
Le rapport se présente comme une modale en forme de carrousel. L'Aperçu donne les grands chiffres : forme, mètre, structure. Le Point fort identifie la dimension la mieux travaillée parmi le rythme, la sonorité, le vocabulaire, les figures et l'émotion. La Voix poétique s'appuie sur la deixis et les émotions pour décrire la posture du texte. La Forme récapitule la structure strophique et le schéma rimique. Le Moment clé met en avant le vers le plus remarquable du poème.
Le volet Pistes d'amélioration propose des suggestions concrètes tirées des indicateurs les plus faibles : varier le rythme si la courbe est trop plate, diversifier le vocabulaire si le TTR est bas, travailler les hiatus si la pureté phonotactique est faible, etc.
Poésie
Cet onglet regroupe les analyses propres à la versification : métrique, rimes, hiatus et diphtongues. Les résultats sont présentés strophe par strophe.
Ce tableau affiche, pour chaque vers, le nombre de syllabes et la segmentation phonémique correspondante. La colonne Nb.syll indique le nombre de syllabes. La colonne Vers affiche sur deux lignes le texte orthographique original, puis la transcription phonémique syllabée avec les voyelles colorées. Le décompte tient compte des options Diphtongues classiques et Élision néo-classique.
Ce tableau analyse les rimes de chaque vers au sein du poème entier et les classe selon leur qualité et leur localisation. La colonne Occurrences liste les mots rimant avec la fin du vers, classés par localisation puis par richesse décroissante (6 rimes maximum par vers). La localisation distingue les rimes internes (in, dans la même strophe, encadré plein en gras) des rimes externes (out, hors strophe, encadré en pointillés).
La couleur indique la richesse de la rime :
La colonne G/N indique le genre et le nombre de la rime du vers : M / F pour masculin ou féminin, S / P pour singulier ou pluriel. En versification classique, un mot masculin singulier ne peut pas rimer avec un mot masculin pluriel, même si la rime est phonologiquement riche. La colonne Vers affiche le texte orthographique sur la première ligne et la transcription phonémique sur la seconde : le dernier mot est mis en évidence dans la couleur de sa meilleure rime, ou en gris si aucune rime n'est trouvée.
Un hiatus est la succession de deux sons voyelles. Ce tableau les détecte et les classe selon leur type, certains étant acceptés, tolérés ou interdits en versification classique.
Ce tableau met en évidence les synérèses et diérèses dans les vers, selon les règles de la poésie classique (modifiables via l'option Diphtongues classiques). La diérèse consiste à séparer deux voyelles consécutives en deux syllabes distinctes. La synérèse est l'inverse : deux voyelles fusionnent en une seule syllabe. Ces phénomènes ne concernent que les semi-consonnes /j/, /ɥ/ et /w/. La colonne Syn. affiche un badge violet et Diér. un badge orange. Passer la souris sur un mot surligné affiche le détail du phénomène détecté.
Phonologie
Cet onglet regroupe les analyses portant sur les structures sonores du texte : répétitions de phonèmes et diversité phonétique. Les résultats sont présentés strophe par strophe.
Ce tableau met en évidence les motifs sonores qui reviennent plusieurs fois à l'intérieur d'un même vers. L'analyse recherche tous les groupes contigus de phonèmes (n-grammes) de longueur variable. Seuls les groupes apparaissant au moins deux fois dans le vers sont conservés. Quand un groupe plus court est entièrement inclus dans un groupe plus long ayant la même fréquence, seul le plus long est retenu pour éviter les doublons.
La colonne Répét. liste les groupes répétés sous forme de badges colorés (plus le groupe est long, plus la répétition est significative). Dans la colonne Vers, la transcription phonémique est surlignée : chaque occurrence d'un groupe répété est colorée avec la même couleur que son badge.
L'entropie mesure le degré de diversité et de dispersion des phonèmes dans un vers. Calculée à partir des fréquences d'apparition des phonèmes (entropie de Shannon), puis normalisée entre 0 et 1. Trois valeurs par vers : Glob (tous les phonèmes), Cons (consonnes uniquement), Voy (voyelles uniquement). La colonne Entropie affiche ces badges avec une couleur par niveau : rouge (très faible), orange (faible), jaune (moyenne), vert (forte), bleu (très forte).
Exemples : "Papa a appelé papi." → entropie consonnes très faible (0,15) : le /p/ domine. "Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus" → entropies toutes fortes (0,81 / 0,75 / 0,80) : vers phonétiquement varié.
Phonétique
Cet onglet regroupe trois indicateurs articulatoires calculés vers par vers : la densité phonémique, l'indice d'aperture et l'indice de tension consonantique. Ensemble, ils décrivent comment les sons s'organisent physiquement dans le vers et l'effet auditif qui en résulte.
La densité phonémique mesure la fluidité et la complexité articulatoire d'un vers. Une densité faible tend vers une diction fluide et chantante, une densité élevée crée une sensation de tension ou de rythme martelé. En écriture de chansons ou de slam, cet indicateur aide à ajuster la prononçabilité et le flow.
Calcul : densité brute = nombre total de phonèmes ÷ nombre de syllabes. La moyenne française est d'environ 2,4 phonèmes par syllabe. La valeur est ensuite normalisée entre 0 (structure purement vocalique) et 1 (3,5 phonèmes par syllabe ou plus). La colonne Densité affiche la valeur brute (B: x,x) et un badge de niveau coloré. Survoler le badge affiche la valeur normalisée exacte.
Exemple : "Quel crime ? quel exploit ? quel forfait insensé ?" → /kɛl/kʁi/mə/kɛ/lɛ/ksplwa/kɛl/fɔʁ/fɛ/tɛ̃/sɑ̃/se/ → 32 phonèmes / 12 syllabes = 2,6 → densité forte.
L'aperture désigne le degré d'ouverture de la bouche lors de la prononciation d'une voyelle. L'indice d'aperture vocalique mesure ce degré moyen pour l'ensemble des voyelles d'un vers (score brut de 1 à 5, normalisé entre 0 et 1).
Un indice faible donne une sonorité resserrée, tendue (douceur, intimité, murmure). Un indice fort donne une sonorité ample et expressive (lyrisme, chaleur, véhémence).
La tension consonantique mesure l'effort articulatoire moyen des consonnes d'un vers. Seules les consonnes sont prises en compte. Le score final est la moyenne des coefficients de tension sur toutes les consonnes du vers, entre 0 (très relâché) et 1 (très tendu).
Un indice faible donne des consonnes douces et coulantes, une impression fluide et peu marquée. Un indice fort donne des consonnes énergiques et percussives, un vers plus saccadé ou dur à l'oreille.
Lexique
Cet onglet regroupe les informations liées à la reconnaissance des mots dans le lexique de référence : alertes sur les mots non reconnus et identification des mots commençant par un h aspiré ou muet.
Ce tableau signale les mots qui n'ont pas été trouvés dans le lexique lors de l'analyse. Ces mots sont automatiquement traités par l'outil de phonémisation automatique (phonemizer), qui tente de les transcrire par inférence. La transcription reste fonctionnelle mais moins fiable et peut entraîner des imprécisions dans le décompte syllabique, la détection des rimes et les autres calculs.
La colonne Nb. alertes indique le nombre de mots non reconnus dans le vers. Dans la colonne Vers, ces mots sont surlignés en orange dans le texte orthographique et dans la transcription phonémique. Le total d'alertes pour l'ensemble du poème est affiché sous forme de badge dans l'onglet (vert si aucune alerte, orange sinon).
Ce tableau identifie tous les mots commençant par la lettre h et précise pour chacun s'il s'agit d'un h aspiré ou d'un h muet. Un h aspiré se comporte comme une consonne : il bloque la liaison et l'élision ("la honte", non "l'honte"). Un h muet est transparent phonétiquement : la liaison et l'élision sont possibles ("l'homme", "les-z-hommes").
Dans la colonne Vers, les mots concernés sont surlignés : rouge pour le h aspiré, bleu pour le h muet. Pour aller plus loin, consultez la section Hiatus.
Sauvegarde et bibliothèque
Après une analyse, un bouton Sauvegarder permet de garder le poème dans sa bibliothèque personnelle, accessible depuis Mes poèmes. Le texte, le titre, les options d'analyse et toutes les statistiques Mistiche sont conservés. Un quota s'applique selon le type de compte.